LEYGNY, carte de Cassini (XVIIIe siècle)

Elginois

Selon M. Jacques Gonnet, qui a mené une étude approfondie pour retrouver l’origine du nom des habitants de notre commune, les formes anciennes du nom de Légny sont Laigneu, Leigneu, Laineu, Lenya, Leygny.

Plusieurs suppositions s’en dégagent : la première est que les habitants de Légny auraient été des bergers vendant la laine de leurs moutons. Une autre étymologie fait penser aux Lénées, fêtes athéniennes en l’honneur de Bacchus, que l’on célébrait au temps des vendanges.

Selon M. Paul Charrondière, (n°18 de 2001 du bulletin de la Société d’Histoire et d’Archéologie des Monts de Tarare), Légny (Laniacus 1005) serait formé sur la base prélatine lin, désignant un cours d’eau (qu’on retrouve dans Lignon), mais peut-être aussi issu du latin linea (limite) ou du nom d’un romain : Lagnus.

Après des recherches approfondies, la municipalité proposa aux habitants de choisir par vote entre Léniens, Légnaciens et Elginois. C’est ce dernier nom qui fut plébiscité pour sa consonance plus agréable.

Le blason

Ce blason prend ses sources dans la situation, l’histoire et les activités de Légny.

En langage héraldique, on le dit “d’or, diapré de gueules à la jumelle en bande de sable” :

  • d’or : le fond est un champ d’or (ocre/jaune), couleur représentative du pays des Pierres Dorées ;
  • diapré de gueules : le rouge (dit gueules en héraldique) représente les cultures, dont principalement la vigne ;
  • la jumelle en bande de sable : deux traits parallèles représentant les voies et la route de la vallée d’Azergues.

Sa première version, homologuée par le Conseil Départemental d’Héraldique, a été réalisée par Jean MIRIO en 1992.

En 2006, Michel DHELIN le reprend.

Enfin en 2020 Nicolas FOLLIOT, adjoint à la commune, reprend le blason à son tour pour lui donner son aspect actuel.

Pour en savoir plus sur les blasons

L’église

Prix du patrimoine 1995 du Conseil général du Rhône pour sa restauration.

L’ancienne église

Il y a très longtemps que Légny possède une église, mais elle ne s’est pas toujours située à l’emplacement actuel. À l’origine, elle aurait été érigée sur la place du Bourg, et n’était alors qu’une annexe de celle du Bois d’Oingt. La plus ancienne mention de sa présence date de 919, son existence est attestée dans le cartulaire de Savigny.

La seule représentation que nous en ayons est ce dessin sur une carte du village. Si elle paraît petite et simple, son clocher n’en possédait pas moins de quatre cloches. Elle a été entièrement détruite et seules restent peut-être les magnifiques stalles qui font de nos jours partie du patrimoine elginois.

Une visite pastorale de Monseigneur Jean de Talaru, en 1378, révèle que l’on n’a rien à reprocher à la paroisse. Il en est toujours ainsi au moment de la Révolution de 1789, mais elle subit le contrecoup de la politique de déchristianisation qui caractérise la période 1792-1801. L’état civil, jusqu’alors confié aux paroisses, devient l’affaire des communes. La population voit l’adoption du calendrier révolutionnaire avec de nouveaux noms pour les mois et les jours, et la disparition des saints. L’église de Légny se voit contrainte de se dépouiller de ses meubles et effets sacerdotaux divers au profit de l’administration du district de Villefranche.

Ce n’est qu’en 1803 que le lieu de culte est rendu à ses pratiquants, mais entre-temps, le presbytère a été vendu à des particuliers. On s’entendra donc avec les acheteurs pour le récupérer. La commune se bat alors pour obtenir un desservant définitif et l’indépendance par rapport au Bois d’Oingt. Les arguments avancés sont le grand éloignement de la plupart des habitations elginoises du Bois d’Oingt, “l’immoralité qui pourrait naître de la privation des exercices du culte catholique” et “l’ignorance où la jeunesse serait plongée faute d’instruction religieuse, laquelle ignorance conduit toujours à la destruction des mœurs”.

Un procès-verbal daté de 1657 signale que l’église est sous le patronage de Saint Étienne.

La nouvelle église

L’ancienne église a sans doute fini par se délabrer au point qu’il devint nécessaire d’en reconstruire une. C’est en 1855 que le conseil municipal en prend la décision, les travaux s’achèveront en 1866.

Cent trente ans plus tard, le conseil examina de nouveau le “dossier église”. En effet, le temps avait dégradé la toiture provoquant des infiltrations sur la voûte, l’installation électrique était obsolète, la sonorisation déficiente, le chauffage au fuel peu efficace et la peinture mangée par l’humidité. Les moyens limités de la commune et la fréquentation en baisse auraient pu faire pencher pour l’abandon de cet édifice, mais on prit en compte l’importance de conserver et de réhabiliter ce bâtiment qui demeure un point de référence dans le paysage et pour la vitalité d’un village.

En effet, Légny avait au cours des ans vu décliner sa population, entraînant la fermeture des commerces (encore au nombre de 23 dans l’entre-deux-guerres). En 1976, on envisagea même la fermeture de l’école, ce qui signifiait la mort presque inéluctable de la petite commune.

Le conseil, sollicité par son maire, refusa donc cette fatalité et décida la restauration de l’église. Celle-ci remise à neuf, on put enfin célébrer l’office de Noël pour la première fois depuis vingt ans. La commune se vit récompensée de ses efforts par le premier prix du patrimoine du conseil général du Rhône en 1995.

L’année suivante, un éclairage extérieur fut installé mettant en valeur l’édifice et le rendant visible de très loin la nuit.

Croix de 1516

Au croisement de la rue de l’église et de la route du Bois d’Oingt, on peut voir une croix datant du XVIe siècle parfaitement restaurée. Il n’en a pas été toujours ainsi.

En 1995 la commune, afin d’obtenir quelques fonds pour entreprendre les travaux de réhabilitation, fit signer par un grand nombre d’habitants un livre de soutien dans le cadre de la campagne “Un patrimoine pour demain” lancée, chaque année, par Le Pèlerin magazine.

Cette initiative bénéficie du concours des Monuments Historiques et de l’Association Notre-Dame de la Source. Une aide de 1000 francs fut attribuée à la commune par cette dernière. La restauration fut effectuée en 1996 et dura trois mois. C’est le sculpteur sur pierre, M. Bourgeade de Jarnioux, qui s’en acquitta avec talent.

Cette croix est remarquable par son croisillon présentant le Christ d’un côté et, de l’autre, la Vierge tenant l’enfant Jésus. Remarquons également son fût. Jacques Baudoin, auteur de l’ouvrage Les croix du Massif Central (éd. Créer, 1989), le décrit ainsi :

« L’inscription de la croix de Légny rappelle tout à fait la manière originale et élégante des peintres de la Renaissance pour apposer leur signature. Gravée sur un écriteau suspendu aux écots du fût, elle livre, semble-t-il, le nom de son auteur : “M(aistre) F PONCHON A FAIT CESTE LA(n) 1516” ».

Le fût est supporté par une base octogonale bombée, elle-même posée sur un piédestal carré daté de 1763. Il est orné de curieuses excroissances appelées écots, particularité peu courante dans notre région (sur un arbre, c’est ce qui reste lorsqu’on a coupé les branches). Les écots symbolisent l’Arbre de vie, c’est la raison pour laquelle les croisillons sont souvent terminés par des feuillages.

Le Tacot

L’histoire houleuse du “Tacot” commence par la promulgation de la loi Migneret, en 1865, concernant les chemins de fer d’intérêt local. En 1866, le projet de construction de la ligne joignant Villefranche à Tarare est rapidement abandonné, puis repris en 1879, laissé de côté en 1884 pour être enfin remis au goût du jour en 1891 sous la pression du Dr Lassalle, maire de Villefranche et conseiller général. Ce n’est qu’en 1896 que cette ligne des Chemins de Fer du Beaujolais (CFB) est déclarée d’utilité publique. Elle pâtit ensuite de diverses querelles de tracé et d’implantation des stations et des haltes. Ce n’est pas sans mal que la ligne locale obtient l’autorisation de traverser à niveau, à Légny, la nouvelle ligne PLM de Lozanne à Paray-le-Monial, et l’on doit subir encore des retards de mise en service. Enfin, le 1er avril 1901, la première section fut mise en exploitation et permettait de se rendre de Villefranche au Bois d’Oingt à une vitesse telle que ce tortillard fut surnommé “le Tacot”.

Les premières années d’exploitation sont marquées par le mécontentement de la population et des officiels. Les incidents et accidents se multiplient : retards, rencontres entre train et voitures aux passages à niveau, déraillements, impolitesse et grossièreté du personnel (!), bruit du sifflet des locomotives, service de marchandises défaillant et manque de wagons. Les voyageurs se plaignaient de l’inconfort des sièges, du froid l’hiver et du cahotement, dû à l’empattement réduit des essieux, qui donnait mal au cœur.

Jusqu’en 1919 l’exploitation des CFB était bénéficiaire, sauf en 1914 car le service fut réduit en raison de pénurie de combustible. 1920 vit le début du déficit et des grèves dures du personnel. Les concessionnaires cédèrent alors les lignes au Département.

Peu à peu un service d’autobus se substitua aux lignes les moins fréquentées. Ne restaient que deux aller-retour quotidiens Villefranche-Tarare en 1930. Le dernier train roula entre Villefranche et Tarare en juillet 1934.

Après la fermeture du réseau, les neuf locomotives de la société furent cédées au “Chemin de Fer de Djibouti à Addis-Abeba”, en 1935, mais elles ne parvinrent jamais à destination, le cargo qui les transportait ayant été coulé lors du conflit qui opposait alors l’Éthiopie à l’Italie.

www.lesamisdelavoiedutacot.e-monsite.com

Les Tuileries

L’existence d’un important gisement d’argile au lieu-dit Les Terres Grasses, situé à la limite de la commune de Légny, a favorisé l’installation de plusieurs tuileries en bordure de la D338, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Il y en aurait eu huit en activité autour de 1900 ; elles auraient toutes été fermées pendant la guerre de 1914-1918.

Les installations étaient artisanales : chaque patron possédait une maison d’habitation, un grand hangar pour la fabrication et le stockage des briques, des tuiles et des carreaux, et un four à charbon dépourvu de cheminée (la fumée s’échappait par une ouverture pratiquée dans la toiture). Près du hangar était creusée une mare dans laquelle on puisait l’eau nécessaire au travail de l’argile. Chaque tuilerie possédait son secteur d’extraction. Les terrains alentour, dépourvus de végétation, étaient creusés d’excavations qui, les jours de pluie, se transformaient en bourbiers.

Le transport des produits finis était effectué par des voituriers souvent venus de Tarare. En 1902, ils furent remplacés par le Tacot et c’est pour cette raison qu’une seconde gare, située à proximité des tuileries, fut construite à Sarcey.

Lieux-dits

Situation des principaux lieux-dits sur le plan général

Les explications données ci-dessous ont pour origine les travaux de M. P. Alfonsi d’une part, et M. Paul Charrondière d’autre part (revue n°18 de 2001 de la Société d’Histoire et d’Archéologie des Monts de Tarare).

[La présence d’un article indique un terme récent.]

Azergues

Une origine a été proposée précisant que la traduction de “Al zerga” voudrait dire “les eaux vertes”. Or, “azreg” signifie “bleu” et vert se dit en arabe “akhdar”.

Une autre explication a donc été donnée : du gaulois “Aza” (aujourd’hui Anse), bourg à un confluent. Pour Anse, confluent avec le Rhône, à comparer avec le confluent Azergues-Soanan.

Billy

À ce jour, aucune explication n’a été trouvée pour l’appellation du hameau de Billy. On peut penser qu’il s’agit d’un toponyme relevant de la couche gallo-romaine, comme tout nom de lieu à terminaison en -y, -ey ou -ay dans nos régions.

Boistrolles

Le nom de ce lieu fut utilisé par le capitaine des milices de Saint-Domingue, Pierre Desportes (1724-1806), qui signe Desportes de Boistrolles ou Des Portes de Boistrolles. Il est le seul à se désigner sous ce nom. Peut-être voulait-il se distinguer de ses cousins Desportes de la Forest habitant à Saint Laurent d’Oingt.

Les Brosses

Ce nom désignait un endroit couvert de broussailles. La présence d’un article indique un terme récent.

Brossonat

Le sens est voisin du lieu-dit précédent.

Bruyères

Champ de roi

Cette expression indique un lieu inhabité, un territoire soumis à un personnage portant un certain titre.

Charpenay

Nom qui vient du latin carpius, qui signifie “charme”.

Chazel

Chazel était à l’origine une implantation rurale, puis une maison et un domaine. Il vient du latin casa.

Clos dessous

Ce nom désigne probablement une parcelle close.

Collonge

C’est l’un des toponymes les plus fréquents de France. Il signifie “maison” ou “colonie agraire” sur laquelle sera installé plus tard un colon, c’est-à-dire un fermier perpétuel et héréditaire attaché au sol.

Les Côtes

Epinas

Ce peut être les restes d’un bois ou un buisson épineux selon les dialectes : ajonc, églantier, prunellier, ronce.

Moulin La Blanche

À cet endroit existait un moulin, au confluent de l’Azergues et du Nizy.

Nizy

C’est un nom gallo-romain.

Picardière

Pinodière

Deux explications s’opposent : bois de pins ou nom de propriété dérivé d’un nom propre.

Les Ponts Tarrets

C’était un lieu d’arrêt pour la malle-poste. D’ailleurs, le bâtiment qui abrita longtemps le restaurant Sarrazin possède à l’arrière de grands hangars – aujourd’hui transformés en habitations – dans lesquels les calèches et autres carrosses s’abritaient, sans doute avec les chevaux.

La Poyat

Ce nom vient du latin podium : lieu élevé, hauteur, montagne. Ce dérivé est fréquent dans le Sud de la France.

Presle

Ce nom désignait un pré.

Terre des Granges

Au Moyen Âge, une grange était une exploitation agricole comprenant une maison, des terres et des herbages. Le mot, employé au pluriel, désignait un hameau.

Terres Grasses

Cette appellation peut signifier des terres fertiles ou argileuses.

Varina

Pour certains, il s’agirait de terrain sablonneux, pour d’autres ce serait un dérivé de Varenne, qui veut dire friche.

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